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Dernière mise à jour 25/12/2007 |
25/12/2007: Un marathon pas comme les autres !
02/11/2007: Templiers, J+5!
Voilà, comme dirait Françoise, "ça, s'est fait"! 100% de réussite.
Samedi 27 octobre, nous arrivons à Nant, pour retirer nos dossards et assister à la course de Françoise, la Puma Trail, soit 18 kms et 800m de dénivelé annoncés (en réalité, 1200). En partant de la Croux (petit hameau Aveyronnais situé à l'autre bout du département), c'était pas gagné pour la météo. Le temps était couvert, et en arrivant sur le plateau du Larzac, nous avons eu un brouillard à couper au couteau, et puis lors de la descente sur Nant, tout s'est dégagé, et le soleil est devenu radieux, comme s'il y avait un micro-climat dans ce village.
Le village du retrait des dossards est hallucinant : entre les magnifiques équipements de Puma, Salomon, Gore-tex, et d'autres, les organisateurs de trails nous ont fait saliver. Le trail des citadelles (jusqu'à 71 kms dans des paysages magnifiques), le Mont Aigoual, l'UTMB, L'Aubrac (85 et 44 kms), l'Euskal à Saint Etienne de Baïgorri (3 distances proposées, à couvrir sur 2 jours d'affilées au mois de mai, on en fera certainement partie), le Grand Brassac, des trails ou raids à l'étranger, bref, il n'y a que l'embarras du choix, on est pas encore au départ de la course, que déjà on se projette dans d'autres aventures.
Vite, il faut écourter la visite pour aller au départ de la course de Françoise. Entre son départ et son arrivée, on en profite pour aller prendre nos clés au gîte où nous passerons deux nuits. Le propriétaire, apiculteur, nous accueille avec un joli pot de sa production. Son gîte est situé sur les gorges de la Dourbie, juste un face d'un magnifique village perché : Saint Véran.
Retour sur Nant pour l'arrivée de Françoise. Elle arrivera avant la nuit (c'était son objectif, ne pas avoir à sortir la frontale), en 3h05. Son commentaire : "le parcours est très difficile, très technique, il y en a plein qui nous ont dit que c'était plus dur que ce que vous faites demain, mais c'était super!".

L'arrivée par la pont romain et le Roc Nantais par lequel se fait la descente finale.

Françoise, rayonnante à l'arrivée
Dimanche, 3h15 du matin : Après une soirée et une nuit passées à gamberger sur la tactique de course, nous nous levons dans une grande excitation. Chacun s'habille et prépare ses pieds, ses sparadraps, sa Nok, sa boisson, son sac, ses gels, son rechange, etc.... Le petit déjeuner est frugal, certains passent et repassent encore aux toillettes (un peu de stress?), 4h18, nous voilà dans la voiture. En même pas 20', on arrive au Parking coureurs. En rejoignant l'arrivée, je croise une voiture 59, je pense tout de suite à Alex, mon compagnon de course d'il y a 2 ans, oh, dans la nuit, il me reconnait, ouvre la portière, on se salue. Incroyable, on est près de 3000!

Maryline, ze coach, Patrick, Pascale et Alain, au départ, tout va bien.
Tranquillement, on arrive sur la place du village. 5' plus tard, je tombe sur Alex, on se fait la bise et il me donne rendez-vous à l'arrivée où il compte bien m'encourager (comment ça, il pense vraiment être si loin devant moi?!). 5h20, nous voilà tous sur la ligne, l'organisateur nous fait quelques commentaires, 5h28, la musique d'Era raisonne, 5h29 et demi, les fauves sont lâchés. Un grand serpent lumineux sillonne sur les hauteurs du village, c'est magique. Au bout de quelques centaines de mètres, je rencontre Patrick Darche, grand habitué des longues distances, il ne reste pas longtemps avec moi.

J'ai fait mon plan de course : 1h35 à Sauclières; 3h45 au Saint Guiral, 4h45 à Dourbies, 6h30 à Trèves, 8h à Saint Sulpice, et 2h15 pour finir la dernière partie qui a été modifiée et qui est plus longue et plus dure qu'en 2005. Stratégie aux ravitaillements : s'arrêter peu et perdre le moins de temps possible.
Je passe en 1h36 à Sauclières, on m'annonce 830è, n'est-ce pas un peu trop vite? Le jour se lève, on éteint la frontale, un bouchon à l'entrée d'un raidillon, j'en profite pour demander à quelqu'un de me sortir les bâtons que je garderai jusqu'à larrivée. Ca continue de bouchonner, des imbéciles font les malins en resquillant par le haut, le bas, quel manque de civisme! On les bouffera plus loin! 3h36 au Saint Guiral, j'ai loupé des photos fanstastiques dans cette montée où les sommets des cévennes sortaient des nuages, un décor sublime! Je me vois en 4h30 à Dourbies puisqu'il n'y a que 5 kms, et en descente. La descente est finalement tellement technique, peut être plus de 5 kms d'ailleurs, je n'ai pourtant pas l'impression de traîner, il me faudra plus d'une heure pour arriver à Dourbies, en 4h41 au total. Je suis toujours annoncée dans les 800, et 23è Femme. 2 verres de soupes, 2 de perrier, un morceau de fromage, une barre de céréales au chocolat et un bout de banane. Je remplis ma poche à eau avec le Maxim de l'organisation, je ne remets pas de ma poudre (pour minimiser la perte de temps), erreur fatale pour la fin de parcours car leur boisson est trop faiblement dosée.
Je gagne 30' dans la section suivante par rapport à il y deux ans. Arrivée à Trèves en 6h13, j'aperçois la petite famille sur le pont et Corentin m'accompagne sur 300m, jusqu'au ravitaillement. Le public est en délire, moi aussi, c'est le tour de France, les encouragements fusent de toute part.
Encore du perrier, 2 verres + une canette (de perrier), un bout de banane, un morceau de barre de céréales et c'est reparti, direction Saint Sulpice, une section pas terrible et un peu lassante. Les jambes commencent à me manquer et je ne gagnerai que 10' sur cette section. J'arrive au ravitaillement en 7h55, soit 55' d'avance. Même ravitaillement qu'à Trèves et c'est reparti. Je sais que c'est la section la plus difficile du parcours, car c'est la fin et c'est plein de bosses et de sentiers techniques. Quelques femmes me doublent, elles sont dans un état de fraîcheur sidérant, et sont plus agées que moi. Je n'ai aucune idée de mon classement, j'ai doublé depuis Dourbies, j'ai aussi été doublée, mais je n'ai aucune idée d'où j'en suis. On arrive enfin vers le Roc Nantais, je ne me souvenais pas que la première phase de la descente était si technique, des marches et des racines glissantes partout, une main courante, ça n'en finit pas, enfin le sentier rocailleux, c'est la fin. J'arrive au pont, je vois Françoise, Alex à coté qui est là comme promis et Coco qui me donne la main pour m'accompagner jusqu'à l'arrivée. La musique à l'approche des derniers mètres me redonne du peps et me voilà en train de danser sur le tapis rouge, j'en oublie de passer la ligne d'arrivée pour arrêter le chrono. 10h08'50 et667è au Scratch, géant!
Mais la course n'est pas finie pour moi, il faut que je retourne sur le pont pour voir arriver les autres. Je reconnais quelques bordelais, Gérard, dont j'ai oublié le nom sur le moment et que j'ai encouragé par tous les noms, il ne m'a pas entendu, Didier (lui non plus n'a rien entendu). Maryline arrive, dans un temps canon, elle fait presque aussi bien que moi la première fois, quelques minutes après, c'est Pascale, épatante elle aussi, puis Patrick que je voyais beaucoup plus loin, et enfin un peu plus tard Alain, qui a souffert de la cheville depuis la mi-course mais qui ira jusqu'au bout. Résultats : Maryline 10h55'59, Pascale 11h04'25, Patrick 11h16'55 et Alain 11h48'20, et surtout aucun abandon. Les quatres finissent entre la 1005è place et la 1389 pour 2200 arrivants et plus de 300 abandons. Pas mal pour une première participation!
Nous fêterons tout cela le soir même au champagne et au Bordeaux et les jours suivants à l'aligot, aux échaudés, à la fouace, etc...
Reste pleins d'images dans la tête et de bons souvenirs entre amis, dans un coin de France merveilleux.


Le lendemain, avec nos tee-shirts de finishers
(manque Alain sur la photo, le TSétait déjà dans la machine)
Une seule ombre au tableau : pour la seconde fois, je rentre frustrée à Bordeaux, de n'avoir pu ramasser ces magnifiques châtaignes cévenoles, énormes qui me tendaient les bras dans la descente sur Dourbies. Sûr, un jour je les aurai!
23/10/2007: Templiers, J-5!
Nous y voilà, dans 3 jours nous partons pour l'Aveyron. Tout est bien cadré : le gîte réservé, l'horaire de départ, le repas qu'il faudra prendre sur la route, les inscriptions en règle.
Pour ma part, je suis convaincue que nous irons tous au bout de l'aventure. Certes, il y aura des moments difficiles, des crampes, de la fatigue, mais le but se rapprochera lentement et inexorablement pour tout le monde avec probablement des surprises chronométriques à l'arrivée.
09/09/2007: A vos clubs! Prêts ? Partez !
Et oui, les vacances c'est fini!
Les footings au bord de l'eau, sur les sentiers inconnus, dans les vertes campagnes ou en montagne, exit!
Il faut reprendre le chemin du stade avec son cortège de séances codifiées, et retrouver le coach qui va vous en mettre une bonne tartine, histoire de relancer la machine qui s'est quelque peu installée dans le confort de séances cool.
Mais vu ce qui se présente au calendrier automnal, il faudra bien ça, si l'on veut retrouver son niveau rapidement.
Et puis quel bonheur aussi de retrouver ses compagnons de fortune dans son club.
Pour ceux qui n'ont pas encore franchi le cap de s'inscrire dans une structure, surtout pas d'hésitations. Les clubs regorgent d'entraîneurs compétents, sympathiques et dévoués qui ne demandent qu'à vous accueillir.
Allez, c'est le moment d'y aller pour préparer toutes ces belles courses qui arrivent à grand pas : le Médoc pour commencer, l'incontournable Bordelaise, mais aussi Canéjan, Sadirac, le semi de Léognan, les 10 kms de Blanquefort, Pessac, Andernos ou encore des quais, le trail d'Arsac... et j'en oublie. Pour moi ce sera encore une fois les Templiers avec 6 compères de mon club que j'entraîne "à la dure", parce que "faut c'qui faut", avant de conclure par le marathon de La Rochelle avec encore d'autres athlètes, et sa fabuleuse ambiance.
28/06/2007 - Un truc de fou !
Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas un récit de mes états d'âme de coureuse souvent frustrée mais parfois heureuse que vous allez lire, mais plutôt un vrai récit d'aventures pédestres sur 4 jours comme nous sommes certainement nombreux à en rêver. L'auteur de cet exploit s'appelle Pierre, il est "tombé" dans la course à pied en 98, c'était juste pour faire fondre un peu l'embonpoint. Et puis, très vite, même tout de suite le marathon, puis les templiers l'année suivante. Pierre n'a loupé aucune fois La rochelle depuis 99, et a au moins 3 ou 4 fois les templiers à son actif. Record sur Marathon : 2h58 - meilleur temps aux templiers 9h.
Tout cela avec un entraînement sérieux certes, mais relativement soft à comparer de ceux qui s'entraînent 6 fois par semaine pour les mêmes résultats...et une diététique pas toujours très sportive.
Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup d'admiration pour ce qu'il est capable de faire, car selon moi, il a un énorme potentiel.
Il nous livre donc ses impressions de course sur l'Euskal Raid qui a eu lieu au mois de mai.
Lien pour voir la vidéo de la course.
EUSKAL RAID 2007
Une formidable aventure sportive et humaine
Avec mon ami Thiérry, on a déjà couru l’EUSKAL trail (67Km en solitaire) et endurance (80Km à deux) ; alors, quand on a entendu parler d’une épreuve spéciale 10e anniversaire, longue de 180km avec 10 000m de dénivelé positif sur 4 jours, on s’est lancé dans l’aventure.
Nous voila donc arrivant le mardi à SAINT ETIENNE de BAIGORRI : contrôle des sacs de course, installation dans la chambre du VVF et départ en bus vers La PIERRE SAINT MARTIN, qui avec ses larges étendues de neige ressemble encore au mois de mai à une station de ski. On passe coté ESPAGNE pour se poser dans un village de vacances ; après la traditionnelle pasta party, coucher à 22h (impossible de s’endormir) car il faut se lever à 2h ; le bus nous amène dans la nuit, le froid et bientôt la pluie au départ ; Superbe les organisateurs ont réussi à gonfler l’arche…4h, c’est parti pour 80Km : à la frontale , les uns derrière les autres, on avance en terrain accidenté (herbe mouillée glissante, boue, pierriers, plaques de neige) Le premier de la file essaie de repérer les marques de parcours qui brillent dans le halo de la lampe, les autres suivent avec confiance ; parfois on s’arrête : on a perdu le balisage , hésitation et puis un cri : « c’est par là » ça repart . Le jour se lève, mais on y voit guère plus, tant les nuages sont bas et le vent fort qui nous oblige à nous blottir dans nos capuches. Le sommet du pic d’ORHY est contourné, car la descente est trop dangereuse. On dévale des chemins forestiers garnis de 20cm de boue, le torrent que l’on devait traverser à gué a grossi avec les dernières pluies : il y a 1m d’eau et nous finirons donc les pieds détrempés…On s’arrête quelques minutes aux ravitaillements pour manger du chocolat, boire du potage chaud et discuter un moment avec les bénévoles cachés sous les tentes pour se protéger du froid. Après 15h40 de course, on arrive à BAIGORRI .
Le lendemain se déroule une épreuve originale : relais à 2 avec départ en ordre inverse du classement sur un parcours de 15 km (et tout de même 1100m de dénivelé) THIERRY qui souffrait d’une cheville depuis la veille part devant ; les premiers passages de relais se font et puis d’autres et d’autres encore… THIERRY arrive enfin en grimaçant de douleur : il a tout donné pour me passer le relais ; je m’élance à mon tour accompagné de BRICE , le serre file qui ferme la course. On passe entre les vignes tout en annonçant aux ravitailleurs qu’ils sont libres de rentrer ; il fait beau, le parcours est agréable mais le tracé spécialement ouvert en grand secret par Gégé l’organisateur nous réserve une montée violente (700m presque à la verticale, comme dans un grand escalier d’herbe) ; la suite est plus calme, avec BRICE, on parle de ses entrainements dans la montagne, du pays, de nos métiers…
Le vendredi, départ de BAIGORRI à nouveau à 2 pour 40km ; dès le début, ça monte sans arrêt vers le sommet d’IPARLA ; le ciel se dégage, on passe au dessus des nuages, le spectacle est grandiose ; malgré le strapping, la cheville de THIERRY se rappelle trop vite à lui et les descentes les plus courtes deviennent un calvaire : faut il l’encourager à continuer au risque de se blesser plus gravement ou lui dire de renoncer après plusieurs semaines de préparation ? avec lucidité, il prendra lui-même la décision de se préserver une bonne santé pour d’autres objectifs (UTMB fin aout) Je continue donc seul, retrouvant ci et là quelques équipes qui m’attendent et me proposent de courir avec eux ; après une longue et caillouteuse descente, nous passons près d’un lavoir, sur un petit pont de bois ; l’endroit est adorable, mais précède une montée infernale et interminable avec des marches de 60cm pour finir dans les éboulis ; arrivés au sommet, de joie on part sur un mauvais chemin, hésitation, demi tour et puis ça y est, on peut dérouler gentiment jusqu’à ZUGARRAMURDI . Là, je retrouve mon ami qui a été récupéré in extrémis par le serre file ; il a retrouvé le sourire et dépense son énergie à masser les coureurs.(il est kinésithérapeute) L’après course est un moment privilégié : ne rien faire, récupérer, soigner les petits bobos, discuter avec les autres autour d’une bière..On est un peu au bout du monde (même pas vu l’arrivée de Sarko à l’Elysée !)
La tradition veut qu’après un bon repas au restaurant, nous passions la dernière nuit dans le mur à gauche (grande salle de sport) Entre le ronfleur hurleur, le téléphone bipant et la porte grinçante, le sommeil ne fut pas très réparateur.
Le samedi, dernier jour de course, à nouveau 40km sont au programme, destination l’océan. Je me joins à une équipe qui marchait à mon allure ; la sortie du village se fait par un chemin envahi de rochers et d’arbres emportés par les pluies de la semaine passée : il faut enjamber, se faufiler, mais rien ne nous arrête. On attaque la montée de la RHUNE, pas trop dure mais alors qu’on prend une piste à un croisement, Michel et Pascal, les futurs vainqueurs nous rattrapent en criant « non pas par là, suivez nous » Quand le soir, j’irai remercier Pascal, sa réponse sera : « c’est normal, on est tous dans la même galère » Au sommet, ravitaillement, on discute un peu avant d’attaquer la descente : il nous font passer par une « cheminée » très raide faite d’herbe bien glissante : j’emprunte ce toboggan sur les fesses les 2 bâtons en avant par crainte de dévisser alors qu’un coureur local me double tel un parapentiste prêt à décoller, incroyable !! On passe ensuite par le col d’IBARDIN : il faut se faufiler entre les voitures de tous ces gens venus faire le plein de tabac et d’alcool et qui nous regardent comme des fous sortis de l’asile . Et puis on arrive aux premières maisons, on retrouve l’asphalte ; il reste 9km, pas les plus durs, mais les plus longs : ce n’est pas la fatigue, mais l’envie d’en finir, la joie d’y être arrivé ! Enfin le port d’HENDAYE, l’arche est la, gonflée ; on l’a été un petit peu nous aussi. On se congratule les uns les autres en mangeant un dernier sandwich au chorizo…heureux de retrouver nos proches , de téléphoner aux amis.
Le soir se tient un repas : on parle de la course, on visionne les photos, Gégé remercie tout le monde : les 120 coureurs et les 120 bénévoles omniprésents, omniaccueillants, omnigénéreux…
Le lendemain on descend au bar du fronton prendre le petit déjeuner : on retrouve quelques participants, on se fait la bise on échange quelques commentaires ; une voiture passe : à son bord 2 membres de l’association s’arrêtent demandent des nouvelles de nos jambes.
Et puis c’est le départ, avec, comme à la fin des vacances , l’envie de revoir l’année prochaine Gégé, Brice et tous les autres bénévoles et coureurs…
03/06/2007 - Youpi !!
Après les doutes et les désillusions, enfin le bonheur!
Dimanche 27 mai, Ambazac et sa fameuse course des gendarmes et des voleurs. Une organisation au top chez les précurseurs du trail. Des gendarmes extrêment sympathiques et dévoués; 32 kms de sentiers (single tracks dans le jargon des pros) et 700m de dénivellé, soit l'équivalent de 39 kms : on convertit le dénivelé en km, soit 700m = 7 kms - méthode empirique utilisée pour estimer son temps à l'arrivée - évidemment selon le % de pente positive ou négative, selon la nature du terrain, c'est plus ou moins valable, mais ça a au moins le mérite de donner une petite idée de ce que l'on peut espérer comme chrono à l'arrivée, ou tout du moins du temps que l'on va passer à courir. Voilà pour les détails techniques de la course.
Nous sommes 8 stadistes au départ. La plupart d'entre nous étaient déjà là l'an passé, et il s'agit de prendre notre revanche sur ce qui ne s'est pas très bien passé l'année dernière, ou de faire mieux, les autres faisant la course pour la première fois.
Nous n'avons pas été déçus, les conditions étaient dignes d'un cross hivernal : température avoisinant péniblement les 10°, pour le coup, nous n'avons pas souffert de la chaleur comme à Paris un mois et demi plus tôt; terrain boueux à souhait, et la pluie s'est invitée au bout de 2h de course.
Ce sont finalement 2360 motivés qui ont fini cette grande boucle, dont les 8 stadistes. Bonheur pour le coach : aucun blessé, aucun abandon, et pourtant je le craignais pour au moins 3 d'entre eux, mal équipés au niveau chaussures, et dont le tempérament râleur (râleuses plutôt) me faisait craindre le pire vu les condittions épouvantables de course. Que je suis mauvaise langue!
Cerise sur le gâteau : tous ont amélioré leur perf de l'an passé, y compris moi-même, à ma grande surprise. Euphorie dans les derniers hectomètres où le public massé vous applaudit à tout va! 3 fois que je fais cette course, et toujours ce même bonheur intense à l'arrivée.
Une course que nous recommandons à tout le monde, à la différence du marathon de Paris que nous déconseillons maintenant à tout le monde, on ne s'est pas privées de le dire haut et fort sur le stand (le pauvre représentant du marathon s'est caché derrière ses grandes affiches, nous n'avons pas été gentilles, c'est pas bien!) : mais bon, trop de monde, trop cher, un public nul et un tee shirt archi nul. Là au moins, on nous donne un magnifique Tee shirt et une splendide assiette pour une inscription bien moins chère, et la surprise parfois de pouvoir bavarder avec quelques grandes pointures comme Dominique Chauvelier (présent tous les ans, encore 2è de la course à 50 ans), Annette Sergent ou Laurence Fricotteaux, 7h45 au 100 kms. Et le public est génial. Et pour la petite histoire, après avoir traversé une période de doute suite à quelques échecs sur des semis depuis le début de l'année, et un marathon de Paris qui a laissé un goût amer, la confiance est revenue et le bonheur de courir, aussi. Rien n'est jamais gagné, il faut toujours se remettre l'ouvrage! C'est ça la course à pied. La lassitude n'y a que très peu de place.

22/04/2007 - Et un marathon pour rien !!
Si on voulait rendre compte du sentiment des marathoniens à Paris, il pourrait se résumer à cette phrase titre pour la plus part d'entre eux. Car, à quoi bon se préparer pendant des semaines, se motiver pour un objectif précis, d'autant que pour ce marathon, les inscriptions étaient closes depuis le mois d'octobre, pour finalement être victime de la météo. Je ne connais pas de compétition plus ingrate et plus injuste que ces 42195m.
L'arrivée du marathon de Paris cette année, ressemblait à Woodstock : des coureurs partout, allongés ou étalés sur l'avenue Foch, en plein soleil, hagards, décomposés...on aurait pu les confondre avec des fumeurs de tarpets. Mais non, ils n'avaient rien consommé, juste 42 kms sous 27° minimum à 12h.
Des civières et des sirènes de pompiers partout, un affolement général, les pelouses de l'avenue Foch, la plue huppée de France, envahies pendant des heures.
Et un sentiment très partagé pour les arrivants : contents d'avoir franchie la ligne d'arrivée, mais plus ou moins déçus du chrono, de leur gestion de course, etc...
Nous étions plusieurs parmis mes connaissances et amis, à viser les 3h10/15, au moins une bonne dizaine. Je crois que pas un n'a réussi l'objectif. Seule Marie-Jo Constant s'en est sortie avec un très beau 3h21 et se classe 77è féminine, belle performance! Pour les autres, quand on n'a pris que 15 ou 20' par rapport à l'objectif, on doit se considérer comme satisfait. J'ai une pensée pour Christine Lavigne, aperçue au 25è km, en difficulté, et qui a du se "prendre" le mur bien avant le semi. Contrainte à l'abandon après le 30è. Désolée Christine de t'avoir demandé si ça allait, forcément non, mais mon seul souci à ce moment là, c'était ton état de santé, vu les conditions, et puis j'étais déjà bien entamée moi aussi. En conclusion, pour un marathon de début de saison où les possibilités de performance sont réélles, il faudra repasser. Et en attendant, il va falloir s'y mettre pour lutter contre le réchauffement planétaire, si on veut espérer faire des performances!
07/03/2007 - Ce qui s'appelle "se prendre une bonne tole" !!
Les courses se suivent et ne se ressemblent pas. Bazas-Langon, premier semi de la saison, un parcours sensationnel, des supporters et des bénévoles forts sympathiques, et un temps de printemps en ce dimanche 4 mars. Toutes les conditions sont réunies pour faire une belle course. Je ne loupe jamais, même si souvent, ça tombe au retour des vacances à la neige, ce qui en général ne laisse pas présager d'un bon résultat.
Mais comme d'habitude, la lucidité du coureur motivé est toujours mise à mal, et il y croit quand même. Cette course fut donc un véritable désastre pour ce qui devait me servir de test pour voir où j'en étais, en vue d'un objectif important à réaliser au marathon de Paris.
Départ prudent donc, sur les premiers kms (peut-être pas si prudent que ça) en espérant que la machine "prenne" ses tours à partir du 3ème ou 4ème km...(comme l'an passé) mais la machine n'a jamais pris ses tours! Pourquoi? Difficile de répondre. 15 kms de galère, de lutte pour rester dans un tempo bien en dessous de mon potentiel, et au 15ème, ras le bol, je jette l'éponge. Je décide d'arrêter...je marche et ce sont des dizaines de compétiteurs qui me disent "allez, c'est bientôt fini" "allez, c'est bien, faut continuer". Tu parles, je crois que c'est ce qui s'appelle une explosion en bonne et due forme! J'ai donc fini les 6 derniers kms en footing, rejointe par Yves, un incontournable du bois du Burck, on a même pris le temps de s'arrêter pour poser devant l'objectif de Bernard, que cela ne devienne pas une habitude!. J'ai essayé de faire un joli sourire, mais c'est encore une grimace, pourtant, on a pris le temps de prendre la pose! Désolée Jacques.
Finalement cette fin de course était sympathique...même si elle laisse un petit goût amer puisque cette fois-ci la 2ème place sur le podium était à ma portée et ce ne sera probablement pas le cas l'année prochaine.Ca faisait trop longtemps que je ne m'étais pas rétamée comme cela, et ces ratées sont nécessaires. La conclusion pourrait être la suivante : Même le ski, ça laisse des traces, et ce n'est pas parce que l'on ne sent pas fatigué qu'on ne l'est pas. Ca me rappelle Jean Louis qui enchaînant une compétition 15 jours après un gros trail, explose et ne comprenennt pas, ou plutôt qui ne veut pas comprendre! Et moi de lui dire "mais c'est normal". J'ai l'air maline maintenant. Finalement la course à pied nous fait rester de grands enfants. Bon, maintenant, comme tout coureur qui s'est planté, il faut vite effacer la défaite et rebondir...vite...à Saint Médard? La sagesse dirait qu'il faut d'abord se r'faire une santé, mais je suis tocarde, et en général peu raisonnable, alors je vais probablement foncer vers une seconde explosion...à moins que la lumière de la sagesse soit plus forte! Et encore une fois, je me cache derrière ma phrase favorite "faites c'que j'dis, mais surtout pas c'que j'fais!"
En conclusion, l'intelligence du coureur à pied n'est pas toujours ce que l'on remarque en premier.
06/02/2007 - Tamalous cherchent jeunes pour assurer la relève !
Tel pourrait être le slogan pour rebooster la course à pied ou l’athlé tout court. Car que peut-on constater dans les pelotons de courses : la moyenne d’âge est de plus en plus élevée, et moi qui connais mieux les féminines, je dirais que ça vieillit peut-être encore plus chez nous.
Depuis combien d’années, les Patricia Bernetière, Annie Rose Germain, Christine Lavigne, Marilyse Bissières, Danielle Gruska, Sylvia Barboteau, Yolande Patrouilleau, etc…et je ne peux pas toutes les citer, règnent sur les routes de la région, les cross, et c’est encore elles qu’on retrouve dans les interclubs pour faire du demi fond !
Ah, il y en a bien quelques unes qui sont apparues, prometteuses, et puis qui ont quitté la discipline, espérons qu’Aurélie Casado, la meilleure du moment, ne fera pas de même.
Aujourd’hui, les plus de 40 ans doivent représenter près de 60% du peloton français. Les moins de 30, combien ? 10% ?20% ? Consultez le classement de courir33 et cherchez les séniors dans les 10 premières places. Vous serez surpris.
Pourtant, il y a du renouveau semble t-il au niveau des jeunes catégories, mais parmi l’élite prometteuse, combien persisteront-ils au-delà de 20ans ?
Une première explication serait l’allongement des études, l’établissement dans la vie active de plus en plus tard, ainsi que la maternité. Résultat : Avant 35 ans, les femmes ne peuvent plus faire de sport parce qu’elles cumulent double charge. Vous le savez bien vous messieurs ! Qui s’occupe des courses, du ménage, des devoirs, du linge, et de la préparation des repas ? Parait qu’en 30 ans, les hommes consacrent 10’ de plus par jour aux tâches ménagères. Pas de quoi libérer madame pour un footing ! Certains verront en ces propos une « vieille » revendication féministe, pourquoi pas, j’assume, mais force est de constater qu’on est toujours au four et au moulin ! Alors si en plus, faut qu’on arrive à s’occuper de nous !
Mais bon, chaque fois qu’une jeune ou parfois un jeune, rejoint notre groupe, celui que j’entraîne, ça finit par une mutation professionnelle, une charge professionnelle difficile à gérer, ou encore une famille en cours de gestation. Et alors quand c’est l’amour qui parle…alors là, la course à pied, on ne sait même plus ce que c’est. Bon, évidemment, il y a des choses plus intéressantes à faire dans ce cas là.
Mais pendant ce temps, nous les vieilles, on continue de s’entraîner, et comme on est plus toutes jeunes, et bien on enchaîne les pépins : petits bobos souvent, gros bobos parfois : genoux plus ou moins en vrac, tendinites qui nous rendent visite régulièrement, périostites, syndrome de l’essuie glace, etc…abonnement chez le kiné et l’osthéo. C’est simple, petit à petit, vieillissant(e)s, nous devenons des tamalous. Malgré tout, sur les routes, on tient encore bon la barre, comme dirait l’autre.
Mais enfin, on voudrait pas que ce sport devienne celui du 3ème âge.
Alors messieurs, un peu plus de tâches ménagères à la maison pour libérer madame, et madame, comme monsieur, ce n’est pas parce qu’on travaille, qu’on est amoureux (euse) et qu’on fait des enfants, qu’on doit tout arrêter, car l’athlé a besoin de vous, et nous athlètes, on aimerait bien voir plus de jeunes sur les podiums. Y’en a marre des Philippe Rémond, Chocho, Nathalie Vasseur, Chantal Dallenbach… On aimerait voir plus de Corinne Raux, Benoit Z, David Ramard …ah, ceux-là aussi, même jeunes, sont souvent des tamalous. Pourvu que 2007 leur porte chance.
27/12/2006 - Dur, dur, l'hiver .
Sommes-nous en train de payer la douceur de l'automne que nous avons eue jusqu'à début décembre? Comment motiver les troupes à s'entraîner avec un froid pareil? Depuis quelques jours, le thermomètre peine à monter au dessus des -3°. Si encore nous avions de la neige!
Mais non, un épais brouillard qui ne veut pas s'en aller et un froid sibérien. Et pourtant , il faut s'entraîner, surtout entre deux fêtes, d'une part pour amortir les excès alimentaires et alcooliques, d'autre part pour anticiper l'arrivée des premières échéances avec le cross départemental du 7 janvier.
Ceux qui me connaissent, savent combien il m'en faut pour renoncer à un entraînement. Mais quand "fractionner" devient douleur dans les poumons, quand ça ne vous fait même plus transpirer, et que vous ne pouvez même pas vous étirer à la fin de la séance sous peine de vous retrouver congelé au bout de 30'', je crois qu'il vaut mieux rester sagement au fond de son lit, avec toute la culpabilité d'un entraînement zappé!
J'ai même essayé le vélo l'autre jour. Résultat : séance écourtée au bout d'une demi-heure pour cause de pieds gelés et cuisses pareil! Il m'a fallut 3h sous une couette pour me réchauffer. Tu parles d'un entraînement. Peut-être qu'en combi de ski, ça l'aurait fait! Pensons à nos amis alsaciens, savoyards, parisiens, nordistes, lorrains, ou encore à ceux qui habitent dans le massif central, mais comment font-ils pour s'entraîner l'hiver? En plus, chez eux, ça commence au mois de novembre et ça finit au mois d'avril!(ça c'est sûr, ça va leur faire plaisir de lire ces lignes!) Et pour en rajouter encore, il faut préciser qu'ils ont une heure de jour en moins.
Nous ne mesurons pas la chance que nous avons d'habiter une région où le climat est si propice à l'entraînement, et où les journées sont les plus longues de l'héxagone, alors essayons d'être solidaires avec ceux qui galèrent tant de mois dans l'année. Continuons à nous entraîner, restons motivés, mais non, on n'a pas froid! Tous à vos combis de ski et vos runnings à défaut de raquettes ou skis de fond! Restons motivés, on peut le faire!
Petit conseil : Etant donné la chaleur qui règne en ce moment, pas la peine de forcer sur l'hydratation pendant l'entraînement, (sauf si c'est du vin chaud), pas la peine non plus de forcer sur les séances de fractionné, trop coûteuses en énergie, voir même risquées sur le plan cardiaque, sauf pour les plus habitués qui doivent quand même mettre les veilleuses. En revanche, on peut abuser des longues nuits de sommeil bien au chaud sous la couette!
31/10/2006 - Les templiers, un an déjà.
Nous sommes à J-1 du départ de la grande course des templiers. A l'heure où j'écris, j'imagine déjà le monde qui grouille dans ce petit village de Nant, et si la température est aussi clémente qu'ici, les coureurs vont vraiment prendre beaucoup de plaisir. Ce sera une course magnifique, Joe Dassin pourra freudonner l'été indien dans toutes les têtes, tout au long du parcours. Les paysages de ce trail me reviennent et me manquent.
Alex, mon coéquipier d'un jour l'an passé, est sur les startings blocks, il m'a donné de ses nouvelles et comptait sur ma présence. Ce sera pour l'année prochaine à coup sûr et nous serons probablement un plus gros équipage à nous élancer dans les sentiers aveyronnais.
Il faut remercier les inventeurs du Trail, de la course nature, (les précurseurs réunionnais, Vo2 mag entre autre) car vraiment, les sensations de courses sont décuplées par rapport à la route. D'ailleurs les nouvelles épreuves ne cessent de se multiplier, au point que l'on peut se demander si l'ensemble des courses traditionnelles sur route va survivre. Certains organisateurs ont déjà pris le virage en transformant leur 10 km route en trail, exemple avec Arsac, qui nous a concocté une très belle épreuve. Les randonneurs arrivent eux aussi, de plus en plus nombreux dans les circuits, il y a fort à parier qu'une nouvelle race de randonneurs va arriver massivement, avec le développement du Nordic Walking. Marche avec bâtons, discipline inventée par les pays nordiques, en mal de ski de fond l'été.
Ce qui semblait donc réservé à une élite un peu dingo, se démocratise et envahit tout le peloton des coureurs traditionnels : le grand raid de la réunion se décline un peu partout et sous toutes les formes avec la création de courses les unes plus folles que les autres, sur des distances allant de 60 kms et plus de 158 pour l'ultra trail Mont Blanc et des dénivellés de folie (+ de 8000 m pour l'UTMB). Des courses aussi à faire sur plusieurs jours, comme l'Euskal raid qui l'année prochaine se déclinera sur 4 jours. C'est à la fois au développement du trail et de l'ultra que nous assistons. Bientôt, le marathon ne deviendra plus qu'une petite course de préparation pour bon nombre de coureurs. Il suffit de voir à quelle vitesse gonfle le "pavé" Endurance book édité depuis quelques années.
Il faut bien reconnaître que les organisateurs de trails sont bien plus respectueux de l'ensemble des coureurs que les organisateurs des grosses locomotives où tout est fait pour les chasseurs de prime et pour dégager des bénéfices de plus en plus gros. Les inscriptions sont de plus en plus chères, il suffit de voir encore ce que vient de faire l'organisation du Marathon de Paris : + 11€ par rapport à l'année dernière. Et qu'y a t-il à l'arrivée pour les 34900 coureurs anonymes? une jolie médaille et un très vilain tee shirt! J'espère que pour 2007, ils auront fait des efforts. Les organisateurs du Médoc et de La Rochelle ont compris depuis bien longtemps que le coureur anonyme était aussi important que les quelques leaders en tête de course. Car ce qui fait qu'une course est réussie, c'est le nombre d'athlètes au départ, entre autre. Que serait le marathon de Paris avec juste 100 coureurs? Mine de rien, 35000 pinpins à 53€ le dossard, ça fait un sacré budget, 1855000€. A cela se rajoute les droits télé, les sponsors officiels, etc. Oui, je suis déçue que cette organisation en profite pour augmenter à ce point le tarif du sésame. Mais vu le nombre d'inscrits à ce jour (près de 28000), ils auraient tort finalement de ne pas en profiter!
J'espère que la concurrence des trails amènera les grosses locomotives à se remettre en question afin de mieux considérer les anonymes qui font leur succès. Les primes d'engagement et les primes d'arrivées, d'accord, mais ce n'est pas la peine d'en donner des tonnes, ni de faire le jeu des chasseurs de primes. D'ailleurs, personne ne retient le nom des vainqueurs, et le marathon français est en plein déconfiture, faute d'une politique volontariste en direction de nos meilleurs espoirs. Le trail a de beaux jours devant lui, ainsi que l'arrivée de nouvelles formes de courses comme le run and bike ou le vetathlon qui je l'espère vont se développer.
19/09/2006 - Retour sur le Médoc.
Parfois on finit par se demander si ça sert vraiment à quelque chose de s'entraîner?! Après plus de 15 marathons à mon actif et 3 Médoc, près de 5 entraînements par semaine à l'heure actuelle pour environ 2500 kms/an, je me pose encore parfois la question.
3 fois que je fais le Médoc, 2 fois que je le rate. La première fois, c'était en 2001, avec un record à ce moment là à 3h36 sur marathon. Pas d'entraînement spécifique pour ce premier Médoc, un kilométrage correct, mais peu de séances de fractionné et quasiment pas de sorties longues. Une préparation vraiment "touriste"! Un départ dans la bonne humeur, appareil photo en bandoulière, dégustations dans les châteaux, et plus d'énergie dépensée à chanter ou à danser au passage des animations ou encore à arranguer le public, qu'à courir! Résultat : 3h49 au final. Incroyable!
5 ans plus tard et près de 20' de gagnées sur mon record de l'époque, avec un été passé à s'entraîner "dur" pour ce marathon : 3h48 et 42 kms de souffrance! De quoi vous donner envie de raccrocher les baskets! euh, pardon, les runnings!
Et oui, on vous dira qu'il faisait chaud, très chaud, que c'est normal, de plus pas de bol, je suis tombée malade 2 jours plus tôt, 2 jours à lutter contre la douleur à coup d'aspirine pour finir la veille du marathon sous antibiotiques! Je ne connais aucun coureur(se) qui ne se satisfait d'avoir pris 20' voir 30 ou 40 sous prétexte qu'il faisait chaud. Et oui, le runneur a ceci de particulier en ce sens qu'il est un peu "caboche" et totalement "tarte" souvent. Certains oseront même dire "débile". En effet, il n'y que lui pour croire qu'il va quand même pouvoir se "pêter" une perf, le jour où il fait 35° et qu'en plus il est malade! Et cela ne s'applique pas seulement aux coureurs aux résultats modestes, mêmes les plus forts veulent y croire! Voilà des éléments qu'on ne maîtrise pas : la météo le jour J, et la vilaine infection qui vous tombe dessus juste la semaine où on n'a plus qu'à se reposer et faire du jus! Quand il s'agit d'un marathon, ça énerve vraiment! Mais qui n'a pas connu ces déboires? Alors on ne va quand même pas se laisser "emm..." par ces aléas et renoncer à ce pourquoi on s'entraîne depuis des semaines! Allez, on y croit quand même!!!
Ne sommes-nous pas tous à la recherche de cette course parfaite? Quelque soit notre niveau? Cette course que nous ne réussirons jamais, n'est-elle pas notre quête du fameux grâal? La réussite d'un chrono, un nouveau record perso ne nous transporte pas toujours au 7ème ciel d'ailleurs. Qui n'a pas eu le sentiment, même en "pêtant" son chrono, qu'il aurait encore pu faire mieux? Et la joie intense de l'arrivée de se transformer graduellement en petite déception...
Le sport a ceci de particulier, comme certainement la musique, c'est que c'est un éternel recommencement car on atteint jamais la perfection. La course parfaite n'existe pas, on ne fait qu'essayer de l'approcher, et quand on s'en approche, qu'est-ce que c'est bon. Et c'est pour cela qu'on recommence.Que l'on vaille 5h ou 2h05 au marathon!
Benoit Z a-t-il réalisé sa meilleure course en 2002 lorsqu'il a gagné le marathon de Paris, ou en 2003 lorsqu'il "crevé" son chrono en égalant le record européen? C'est une question que j'aimerais bien lui poser.
Bravo à Marciana, Christine et Karine qui ont fini dans le top 5 et un merci particulier à Christine, qui court toujours avec autant de plaisir, encourageante et toujours souriante. Clin d'oeil à Nathalie Vasseur, qui semble ne même pas avoir eu chaud! Un autre bravo à notre stadiste Christine que nous avons attendue de longues minutes alors qu'elle était arrivée depuis une demi heure et dont nous avions sous-estimé les capacités!
Bravo aussi à tous ces coureurs, plus de 7100 arrivants, un record je crois! Vu les déguisements observés à l'arrivée, je pense que ce marathon s'est transformé en immense sauna pour beaucoup, chapeau mesdames et messieurs!
Voilà, il n'y a plus qu'à attendre l'année prochaine pour recommencer : la question va être : quel entraînement? touriste ou pas touriste? that is the question.
26/08/2006 - Le blues des vacances.
A la différence de la plupart de nos congénères, le coureur à pied ne
connaît pas cette déprime passagère dès l'arivée de la fin du mois d'août,
qui sonne le glas des congés, l'arrivée de l'automne et de ses tourments
météo bien humides en général. Les jours raccourcissent, la nature se
meurt, la pluie et le vent font leur travail de sape, et bien que notre
région connaisse une frénésie particulière en cette saison pour la chasse
aux cèpes ou au gibier, c'est quand même la soupe à la grimace. Si on y
rajoute les bonnes nouvelles de la rentrée qui s'étalent jusqu'en novembre
(impots divers et grosses factures), le compte y est!
Mais pour le coureur à pied, girondin de surcroît, la fin août annnonce
une nouvelle fête, et non des moindre puisqu'il s'agit du marathon du
Médoc. Il y a ceux qui ont leur dossard et qui s'y sont préparés tout
l'été, ceux qui n'ont pu l'avoir mais qui iront quand même voir le
spectacle. Et quel spectacle! Pas la peine de s'y étendre, tout le monde
connaît. Le semi du Porge a servi de test pour une partie des coureurs
présents, et cette année, le plateau des filles sera très relevé avec
beaucoup de locales, ce qui n'était pas le cas l'an passé. On y retrouvera
Marciana Mukamurenzi, qui revient fort, et Christine Lavigne qui joueront
certainement pour la gagne et tenteront de détrôner la multiple vainqueur
Nathalie Vasseur. Karine Samson tentera certainement aussi une place sur le
podium. Et puis d'autres habituées du bitume telles Valérie Fudal, Djemila
Dujeancourt, Danielle Gruszka?, Dominique Gaudérat (3ème cette année à
Gujan et Blaye) tenteront probablement de bien se placer. Quant à moi, qui
me retrouve avec bien plus de concurrence que l'an passé, et bien je crois
que je peux dire adieu à la caisse de grand cru que je vise depuis l'année
dernière. Mon changement de catégorie m'aura été fatal, les vétéranes
courant plus vite que les séniors! Pas grave, il faudra se battre jusqu'au
bout, ou renoncer et profiter à fond des divers ravitos. Les premiers kms
seront décisifs : une place ou les dégustations? Pendant la course, j'aurai
aussi une pensée pour mes amis qui seront dans la course, Karine, Christine
dont c'est le premier, Domi, Pierre, Carlos,... et ceux qui seront là pour
nous encourager et ils seront nombreux. Dans tous les cas, comme
d'habitude ce sera un week end exceptionnel qui débutera dès le vendredi
soir au château Fontesteau à Saint sauveur, petit clin d'oeil à
Jean-Christophe, Dominique, et Nathalie, qui s'activent pour nous préparer
comme toujours un super accueil.
Mais le Médoc n'est qu'une mise en bouche de ce qui attend le coureur
cet automne car le calendrier est chargé avec de belles courses au
programme : l'incontournable course des côteaux à Sadirac, le retour du
semi de Léognan, quatre 10 kms qualificatifs, La brède, l'Euskal trail au
Pays Basque, et bien sûr LE Marathon où faire une perf, La Rochelle. Et
pour ceux qui en auront encore un peu sous le pied, l'arrivée des cross
avec tout d'abord Gujan, puis le Burck, et pour les allergiques de la boue,
la corrida d'Arcachon et surtout la course des Pères Noël à Grayan. Pas de
quoi s'ennuyer donc, pas le temps non plus de déprimer, bien au contraire.
Bonnes courses à tous, et pensez à renouveller vos licences rapidement, sésame indispensable.
26/06/2006 - Faites ce que je dis, pas ce que je fais.
A combien de "coureurs-entraîneurs" ce proverbe pourrait-il bien s'appliquer? Je ne ferais donc pas de délation et me contenterais d'un mea culpa. Oui, la course à pied est euphorisante de par les endorphines qu'elle libère, oui c'est le meilleur antidépresseur, celui qui coûte le moins cher à la sécu et qui donne une santé d'enfer (un filon à exploiter pour la sécu...), oui la course à pied recharge les batteries quand elles sont à plat, oui ça calme la colère ou ça réveille les énergies quand elles sont encore endormies, oui ça permet d'évacuer les trop bons repas trop bien arrosés, la liste est infinie. Mais surtout, et c'est là où l'addiction devient terrible, l'arrivée de résultats décuple la motivation, et là, on enchaîne, on enchaîne jusqu'à toucher les limites acceptables par le corps. Et les mauvaises perfs arrivent, inacceptables pour un coureur, alors on s'en remet une couche, voir un double couche à l'entraînement et sur la ligne d'arrivée, c'est encore la déception, et en plus, on en n'a tellement "ch..." que le plaisir de courir a disparu. Mais ça fait rien, on continue...jusqu'à ce que la machine casse!
Tous les coureurs savent bien que la récupération et le repos sont indispensables, à fortiori les entraîneurs, alors pourquoi se reposent-ils si peu? La blessure est-elle la seule à pouvoir arrêter ces athlètes? Il me semble que dans les autres sports, quand la saison est terminée, les sportifs raccrochent les chaussures et sont ravis de ne rien faire : foot, rugby, hand ball, ski, etc... Il n'y a bien que dans la course à pied que le coureur est frustré quand il n'y a plus de compétitions, alors il s'entraîne encore plus durement, en vue de la nouvelle saison, qu'il attaque... fatigué...
J'avoue que j'ai franchi la ligne jaune ces derniers temps, et mon corps est plus que dans le rouge, mais j'assume, c'est pas tous les ans qu'on devient quadra, et c'est finalement un cap. Alors à quelques jours de changer de dizaine, je m'aligne sur toutes les courses que j'aime, et il y en a chaque semaine (le calendrier girondin est le plus fourni de France), j'en "ch.." de plus en plus et je m'enfonce petit à petit dans les classements. C'est juré, maintenant, je m'arrête (enfin, je lève un peu le pied pour quelques petites semaines), il y a une fête à préparer, le jour d'Espelette, encore une belle course qui me passe sous le nez! Alors pour tous ceux qui vont à Espelette, éclatez-vous! Epoumonez-vous dans la montée du Mondarrain, éclatez-vous dans la descente en veillant à bien choisir vos appuis, buvez (de l'eau pendant la course, du vin après) faites la fête et prenez-vous un instant pour des Basques en chantant leurs incontournables!
Récupérez (un peu, mais pas trop, comme tout bon coureur qui se respecte) et repartez vers d'autres courses, d'autres challenges...le Médoc n'est pas bien loin.
Seul petit conseil, si j'ose en donner un, évitez d'être dans le rouge (ou alors juste un p'tit coup pour la route), écoutez votre corps surtout quand les perfs se cassent la figure sauf si vous vous fichez des perfs. Mais enfin, ce n'est pas la peine de chercher la blessure. Imaginez la tête de vos runnings si vous ne pouviez plus les toucher pendant 3 mois parce que vous avez une méga tendinite ou une fracture de fatigue, ou encore un déchirure?
Alors vive l'addiction, vive la dope naturelle, vive la cap!
04/04/2006 - Un trail pour sortie longue.
Qui n'a pas connu la lassitude d'un entraînement marathon !? C'est pourquoi, depuis l'an passé, je teste une nouvelle forme d'entraînement quand vient la saturation. A 8 -10 jours de l'objectif, quand c'est possible et que le calendrier le permet, j'effectue ma dernière sortie longue lors d'une course nature. L'an passé, c'était 10 jours avant le marathon de Blaye. Je m'élançais sur le trail de Saint Caprais, 23 kms, soit 2h10 d'effort. Les 12 premiers kms à allure footing, puis accélération progressive jusqu'à la fin, sans trop forcer, histoire de ne pas trop charger les cuisses. Quelques courbatures le lendemain et le surlendemain, mais l'objectif est à J+10, c'est gérable. Résultat : un marathon passé sans encombres et équivalent à mon record perso, si l'on tient compte de la difficulté du parcours de Blaye. Même démarche pour ma camarde de club que j'entraîne, et bon résultat pour elle aussi. Dimanche, 2 avril, à une semaine du marathon de Saint Selve, je tente la même chose en faisant le trail de Pauillac, une distance plus courte, objectif oblige, même stratégie de course qu'à Saint Caprais : footing jusqu'à mi parcours puis accélération progressive à allure marathon : 1h37 d'effort pour 17 à 19 kms selon les différents modes de mesurage du parcours et quelques bouteilles en prime.
Commentaire : une matinée pleine de plaisir, sur un parcours varié et traversant des châteaux mythiques.
Petit regret : les bordelais ont préféré se « ruer » sur le trail de l'Eau Bourde à Canéjan (belle réussite pour les organisateurs) au détriment de cette course médocaine qui vaut vraiment le détour. Alors si vous aussi, comme moi, vous préparez des marathons et que vous n'en pouvez plus de vous avaler des sorties de 1h30 à 2h30 tous les dimanches pendant 2 mois, tentez les courses nature en « footing », sans chercher le chrono, et faites-vous plaisir. Vous ferez également plaisir aux organisateurs qui dépensent tant d'énergie pour notre plaisir. Oui, je sais, ça fait beaucoup de répétitions, mais tant pis. Quant au résultat du marathon de Saint Selve, réponse dans une semaine. Espérons que le risque pris n'était pas trop grand, car même en restant prudent, on se pique toujours au jeu et on va un p'tit peu plus loin qu'il ne le faudrait. Course à pied quand tu nous tiens !
Le départ |
Passage dans les bois |
Quelques montées |
Passage au Chateau Latour |
Mouton Rotschild |
Les randonneurs partis avant nous |
07/03/2006 - Enfin la route et ses sortilèges
Ce dimanche avait lieu le semi de Bazas-Langon, et c'est toujours un
grand plaisir de participer à cette course que j'affectionne tout
particulièrement. Après avoir craint la neige et la pluie, le beau temps était finalement
au rendez-vous. Mais quel froid, et quel vent!
Mon résultat final, m'inspire la réflexion suivante : Malgré toute la "scientificité" que nous nous efforçons de mettre en
oeuvre tous les jours dans l'entraînement des athlètes, nous entraîneurs,
qui remettons régulièrement en cause nos savoirs et savoir faire, force est
de constater qu'une grande part d'inconnu et de mystère demeure.
La semaine précédent une compétition doit toujours être allégée, ce qui
a été mon cas. Et pourtant, samedi, je me sentais les jambes lourdes,
fatiguées, comme si j'avais fais une grosse séance la veille. Je
pronostiquais donc un piètre résultat dimanche.
A l'échauffement, pas de bonnes sensations. Je pars prudemment, et
encaisse les 2 premiers kms en 9'30. Pour quelqu'un supposé courir en
4'30/km, on en est un peu loin, voir même très loin. Ces deux premiers kms
me semblent difficiles, je suis essouflée, je me dis que je vais souffrir
et plutôt accrocher les 1h40, voir 45, plutôt que les 1h35. Et puis, vers
le 3ème km, la machine se met en marche (toute seule?...), je ne sais pas
comment, et je ne fais qu'accélerer. Inquiète, je me dis que je vais le
payer un peu plus loin, mais ça tient, et ça tient même jusqu'au bout. Je
finis même le dernier km virgule 100 en 4'45, et au bout je bats mon record
sur la distance de plus de 35''. C'est à rien n'y comprendre et c'est même toute la magie de la course à
pied. Quand on croit que l'on va faire une perf, on se plante, et quand on
croit que va faire une "grosse m..", et bien on pète le chrono.
La réussite d'une course ne serait-elle qu'un facteur psychologique et
dépendrait-elle uniquement de l'état d'esprit dans lequel on se trouve
juste avant le coup de pistolet? Quel est le % du mental et de l'entraînement dans tout cela? 20/80 ou
80/20? Vaste débat! Que je suggère sur le nouveau forum. En tout cas, ce que je continue d'apprécier dans cette discipline,
c'est que finalement chaque course nous transporte dans une nouvelle
histoire. Agréable quand la course est réussie, décevante, cauchemardesque parfois, quand elle est ratée.
Et chaque course réussie nous emmène vers une autre course où l'on est
persuadé que l'on va réussir, jusqu'au jour où ça rate. Et là, le moral est
au plus bas et l'on croit que l'on ne vaut plus rien. On en vient même à se
dire que l'on va raccrocher les runnings. Et puis, après quelques jours
d'une digestion difficile, on s'y remet, de manière encore plus sérieuse et
plus dure jusqu'à ce que ce moment d"'extase" soit retrouvé : ce moment si
bref mais ô combien jouissif où l'on bat son record perso.
D'ailleurs, j'aimerais bien savoir où les plus grands champions
prennent le plus "leur pied" : quand ils pètent leur record ou quand ils
font un podium? (mis à part les olympiades et les grands championnats bien
sûr).
Prochain record à battre : le 10 km à saint médard. Extase ou cafard?
31/01/2006 - Vive les cross ou à bas les cross! c'est selon...
Dimanche 29 janvier 8h30, parking du stade Stéhélin : Toute l'équipe de cross du stade apprête à rentrer dans le bus pour se rendre à Nérac. La veille, la météo m'avait fait craindre le pire avec obligation d'annuler le déplacement compte tenu de la neige.
Les jeunes, les plus vieux, les très jeunes, le staff, presque tout le monde est là. Certains préfèrent se rendre en voiture directement sur le site. Finalement, ce n'est pas loin d'une soixantaine de personnes qui se déplacent pour ces régionaux de cross.
La route est bonne, les discussions vont bon train dans le bus et nous ne voyons pas passer les 2 heures de transport.
10h45, nous arrivons à Nérac, tout est blanc, il fait froid, on se regarde et on se dit, "mais dans quelle galère nous sommes-nous embarquées". La journée va être longue, en plus on va se geler, pour peu qu'il pleuve et alors là, c'est la totale! En tant qu'entraîneur je me fais toute petite : j'ai convaincu 6 filles des 10 qualifiées de venir à Nérac. Sur les 4 autres, l'une travaille et depuis Lège, se jure de ne plus faire de cross, une autre est blessée, et les 2 autres ont préféré rester avec leur petite famille. Nous recevons des textos d'encouragement.
11h45 : course des vétérans. Au début on encourage tranquillement nos athlètes de club tout en se décomposant quand on les voit courir sur ce terrain déjà bien lourd : Djef, Eric (futur vainqueur), Pierre, Alain, Mario, Denis, Frédéric, Jean Jacques, Patrick, qui un temps fut juste derrière Eric. Puis nous les encourageons de plus en plus fort, ainsi que les autres, et on finit par crier. On s'amuse comme des gamines.
Ensuite ce sont les autres courses : cross court féminin, benjamins, minimes, etc... mais nous n'avons pas le temps de toutes les voir car nous devons aller nous échauffer, je dois également changer mes pointes usagées. N'ayant pas de 12, je mets du 9, ne me faisant pas trop d'illusions, vu la nature du terrain.
14h10, c'est le départ. Le premier km se passe à peu près bien, puis progressivement je perds du terrain et me fais dépasser par deux de mes coéquipières. Contente pour elles, mais coup dur pour moi. Je suis trop lourde, je n'ai pas les bonnes pointes et j'ai l'impression de faire de la patinette, ou de la luge sur pied, voir du ski sans prise de carres. Bref, je dois négocier chaque virage longtemps à l'avance, me rééquilibrer sans cesse et éviter la chute. Au final, je perds près de 2'. Mais je suis habituée à galérer sur ces terrains boueux et savonneux qui me font descendre dans le fond du tableau à chaque fois. Pendant que je souffre, des souvenirs de galères me reviennent en mémoire, et je pense à Castres en 99 (pluie toute les journée et grosse bouillasse), Trélissac en 2003, Cenon en 2004 ou encore Soues l'année dernière.
Les nombreux "allez Nathalie" tout au long du parcours ne réussissent pas à me dérider tellement j'en "ch...", et pourtant j'ai envie de les remercier par un sourire mais vraiment j'peux pas, pardon braves supporters. A l'arrivée, je rejoins mes camarades de club et m'attends au pire au niveau des commentaires et puis finalement c'est : "ah j'ai adoré, la bouillasse c'est mon truc" "c'était super, je me suis éclatée" "j'ai pas souffert, j'étais super à l'aise, c'était mieux qu'à Lège". Finalement, c'est moi qu'aurait mieux fait de rester au chaud... C'est enfin la course des séniors et après une douche et un twix, nous retrouvons la forme pour encourager les autres camarades de club : Le winner, Dominique, Hervé, Christian, Bruno, et tous les autres.
16h30, nous voilà repartis, Michel nous commente les résultats et tout à coup au bout de 5'...mais je n'en dis pas plus. C'est notre anecdote du jour. Les deux heures de trajet du retour passent à toute allure et nous discutons bien sûr de course à pied, de souvenirs, de projets, d'interclubs.
Finalement, nous aurons passé une excellente journée, tous ensemble, que nous soyons de sexe, d'âges, d'origines sociales ou culturelles différentes, et ceci dans le froid, la neige et la bouillasse. La meilleure preuve que le sport reste une valeur de convivialité et de remède à l'ennui et à la violence qui sévit un peu partout chez nous et ailleurs dans le monde : enfants, jeunes, vieux, hommes, femmes, chrétiens, musulmans, juifs, beurs, blancs, noirs, venez faire du cross. Le seul sport à la portée de tous et qui nous permet d'être tous ensemble.
C'était la pensée du jour. Et maintenant place à la route.
19/12/2005 - De sacrées Mères Noel
Ce dimanche 18 décembre avait lieu à Grayan, petit village (perdu) du Médoc, mais ô combien chaleureux, la course des Pères Noël. Quelle ne fut pas ma surprise de voir autant de femmes déguisées : j'en ai dénombré plus de 60, pour 179 participants. Dans une course habituelle, on aurait pas été plus de 30.10/11/2005 - Tous à vos pointes
Nous voici au mois de novembre, les journées sont de plus en plus courtes, l'humidité nous gagne ainsi que le froid, et avec, la démotivation pour l'entraînement. Or, il existe un moyen de passer ces quelques mois d'hiver sans trop déprimer : mettez-vous au cross!
Cela vous rappelle vos années de collège? Où vous avez galéré dans ces courses scolaires, sous la pluie, le froid et la boue? Vous vous êtes dit "plus jamais ça". Et pourtant, au seuil de la trentaine, après s'être installé dans la vie active, s'être marié et fait quelques enfants, l'envie de s'occuper de soi et de se bouger les fesses vous a repris. Alors, vous vous êtes dit pourquoi pas la course à pied et donc le footing, et puis finalement pourquoi pas un 10 km, puis un semi, et bientôt le marathon. Mais en hiver, point de 10, de semi ou de marathon, alors que faire? Rester devant la télé bien au chaud?
Et bien non! Allez vous entraîner (je suis sûre que beaucoup continuent à le faire même s'il n'y a pas de courses) et participez aux cross, que vous soyez licenciés ou non. D'ailleurs, si vous le pouvez, profitez-en pour vous licencier. Les clubs d'athlé ne demandent qu'à vous recevoir, la course à pied étant le sport le plus populaire après le foot. Les cross vous rapelleront votre jeunesse, vous vous amuserez des quelques galères que cela pourra vous occasionner (pluie, boue, glissades, etc...) et cela vous aidera à passer plus vite l'hiver pour être performant(e) dès le début du printemps.
Retenez sur vos agendas : le 26 et 27 novembre : l'incontournable cross du sud ouest; le 11 décembre : le cross du Sam au Burck à Mérignac; le 18 décembre : le cross de Bègles; et pour les licenciés : les championnats de gironde le 8 janvier. Et puis Février pointera le bout de son nez, et avec lui, les premières courses sur route. Allez, tous à vos runnings!
27/10/2005 - Le défi des Templiers
| Voilà plus de 10 ans que je pratique la course à pied. Au début, mon rêve, c'était de faire un marathon un jour. Année 2000, c'était le bon chiffre, il fallait se lancer, avec la peur dans les tripes. Ce fut le marathon de Bordeaux sous la canicule au mois de juin, ceux qui l'ont fait s'en souviennent et ont terriblement souffert. Pour moi, j'avais tellement peur, que partie très prudemment, cela s'est bien passé. Puis, un de mes amis, Pierre, pour ne pas le citer, qui s'était mis à la course à pied en 98 ou 99 en commençant presque directement par le marathon s'est lancé peu de temps après dans la Grande course des Templiers. 2001, 2002 et 2003. Et moi, quand est-ce que j'ai le courage d'y aller? 10h d'effort, est-ce possible? Une nouvelle venue au club en septembre 2004 finit par me convaincre, c'est aussi son projet. Nous devions être 5 au départ, nous ne serons que 3. La première, Marie-Ange, blessée, a du renoncer, la 2ème, Domi, ne pouvant compter sur son "lièvre", a préféré remettre à plus tard. Elle n'a cessé de penser à la course toute la journée du samedi et du dimanche en inondant de textos tout au long de mon périple. Pour ma part, avec mes 2 autres compagnons de club, après un petit déjeuner à la frontale pour cause de panne de secteur, suite à un violent éclair juste au moment du lever, nous voilà partis à 5h15, direction Nant. Et là, c'est un flot de coureurs au milieu de la nuit que nous voyons sortir des voitures se dirigeant vers le départ avec ce drôle de bidule sur la tête. Nous demandons à une spectatrice de nous immortaliser, mais la photo sera toute noire. Je perds mes 2 acolytes 5' avant le départ, un envie pressante les ayant saisis. Je me glisse dans le sas, j'essaie d'avancer, Pierre m'a dit de ne pas partir trop loin pour ne pas être coincée dans le sentier, car on ne peut pas dépasser. Après un briefing et un magnifique texte mettant en scène une petite bouteille nous incitant à ne rien jeter dans la nature, voilà 2050 lampes frontales lachées dans le Larzac. Au bout de 10', je fais la connaissance d'Alex, on discute un peu, on compare nos références sur marathon, c'est ok pour faire la course ensemble de bout en bout. Quel bonheur d'avoir trouvé quelqu'un pour m'accompagner tout au long de la course C'est un tout jeune papa, Eliot n'a que 15 jours, et Alex court pour son fils et sa femme. Il me ramène 15 ans en arrière, lorsque mon premier fils est né, quelle émotion, et que c'est émouvant d'entendre un tout jeune papa. J'apprends qu'il a eu un grave accident de VTT, avec un casque pourtant, accident qui l'avait paralysé un moment. Sûr, je vais maintenant suivre ses conseils et mettre un casque. Plus la peine de chercher pourquoi il court. Nous nous entraidons tout au long de la course où se succèdent montées et descentes techniques, avec parfois des cordes pour ne pas chuter. Pourtant, au 15ème km peut-être, je me prends la première gamelle en heurtant un rocher. La tête dans la boue! un bleu au dessus de l'oeil, une douleur au tibia. Pourvu que ce ne soit pas grave et que je puisse continuer. Malgré la douleur, ça a l'air d'aller. Alex craint les courbatures, les hypos, et l'altitude faisant cogner le coeur l'inquiète tout d'un coup. Je le rassure. On prend nos gels anti-oxydants. Au bout de 5h de course, nous arrivons à Dourbies, 35è km et 1er ravito, j'ai déjà essuyé ma première crampe à la cuisse. Des aliments sucrés partout, j'en ai déjà plein les chaussures, des gels et boissons sucrées. J'avale 2 verres de soupe, 2 bouts de gruyère, un morceau de pain et refait le plein de boisson énergétique. 2ème difficulté, le Suquet qui culmine à 1300m et surtout la descente sur Trèves, plutôt technique, mais à comparer de ce qui nous attend, c'est encore facile. Trèves, 6h50 de course, la famille est repartie depuis longtemps, j'ai été trop présomptueuse sur mes temps de passage. Du vichy Saint Yorre, beaucoup, un verre de coca, rien de solide et c'est reparti. Encore une montée, puis un plateau où là, étonnamment, je me rends compte que je peux encore courir malgré les 3 autres crampes que j'ai eu entre temps. Puis c'est une nouvelle descente, encore plus technique avec plein de cordes pour s'accrocher. 8h50 de course et le dernier ravitaillement. Du vichy saint yorre s'il vous plait, 3 verres, mais je ne peux rien avaler, pourtant j'essaie, un bout de fromage et un bout de pain. ça colle dans la bouche, c'est pas bon et impossible d'avaler. Allez, il ne nous reste plus que 10 kms, soit 1h30 de course selon nos prévisions. Tu parles, il nous faudra 2 heures. Alex ne cesse de m'aider et de me motiver, il m'attend. L'ascension de la dernière difficulté, le Roc Nantais est interminable, j'en ai marre. Je sais que je vais finir, mais quand? Finalement, on y arrive, voilà la descente vers Nant qui se profile, une descente rocailleuse, en devers, avec un fort pourcentage. Il ne faut surtout pas se déconcentrer au risque de se faire très mal. Au loin, on entend le speaker annoncer les 829è, 830è, etc...Bientôt, ce sera nous. Enfin on retrouve le bitume et une jolie côte avant les 100 derniers mètres de l'arrivée. Mon petit dernier sort de derrière les barrières et j'effectue l'arrivée avec lui et Alex. Chrono : 10h51 Ca y est, j'ai gagné mon tee shirt de finisher! Je ne réalise pas encore, je suis prise de nausées, mais cela passera au bout de 5'. Je ne peux toujours rien avaler, en revanche je descends un demi litre de Vichy. Pendant les 48h qui suivent, je me remémore toute cette course et tous ces merveilleux moments passés au milieu d'une nature fabuleuse, avec des trailers enfermés dans leur effort mais prêts à aider n'importe quel concurrent en difficulté. Pendant 2 jours, le lever du lit sera terrible, avec l'impression d'être un robot rouillé ne pouvant plus bouger une fois debout. Mais au bout du 3ème jour, tout rentre dans l'ordre, et je pense déjà à l'année prochaine. Merci à l'organisation, merci à Dame nature de nous avoir offert de tels paysages, et surtout, vous les coureurs sur route, venez découvrir les templiers. Je vous assure, ce n'est pas si difficile et on en sort grandi. |
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